Août 2025 - L'assurance vie, le meilleur placement financier ?
Apprenez à investir intelligemment en bourse : des conseils pratiques, des stratégies claires et un accompagnement pour se constituer un patrimoine tout en apprenant.
Temps de lecture estimé : 7 min
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1/ Suivi du portefeuille
Ci-dessous la mise à jour du portefeuille 10 k€ avec le détail pour chaque valeur :
Il est en progression à + 20,54% depuis le début de l’année.
Il est possible de suivre le portefeuille en direct via ce lien. Dans un 2ème onglet, vous avez l’évolution du portefeuille dans le temps.
Peu d’actualités sur les sociétés si ce n’est la publication d’IT LINK et d’AYVENS
1/ IT LINK a annoncé son chiffre d’affaires semestriels qui est plus faible que celui estimé par la direction. Également la marge opérationnelle sera de 6% vs 7% prévue sur l’année. Communiqué disponible ici.
=> Ceci explique la baisse de l’action avec une pression vendeuse. Acheteur à ce cours.
2/ AYVENS a publié de très bons résultats semestriels avec une nette amélioration de la rentabilité et une amélioration du résultat opérationnel de +25% vs l’année dernière. Communiqué disponible ici.
À noter que Tarkett côte à 16,30 € soit 0,70 € de moins que le prix de l’offre proposé par l’actionnaire majoritaire à 17 €. Ceci s’explique par la risque de la cour d’appel suite au recours juge non conforme l’offre ainsi que par la faible liquidité du titre.
2/ Comprendre l’investissement en France : l’assurance vie
Tout d’abord, il est essentiel de ne pas confondre l’assurance vie avec l’assurance décès, cette dernière offrant une indemnisation aux proches en cas de décès du titulaire. L’assurance vie, quant à elle, n’est pas un produit d’investissement en soi, mais un cadre juridique ou un support, comparable à d’autres enveloppes comme le PEL ou le PER. La vraie question réside dans le contenu de ce support, c’est-à-dire les actifs ou placements qu’on y place.
Comment fonctionne une assurance vie ?
Il existe 2 types d’investissement avec les assurances vies françaises (nous traiterons des assurances vie luxembourgeoises plus tard) : les fonds euros et les unités de compte (UC).
Les fonds euros :
Un fonds en euros dans un contrat d’assurance-vie est un actif cantonné (un portefeuille collectif géré par l’assureur) composé principalement :
d’obligations (70-85 %) : obligations d’État et d’entreprises, qui assurent des revenus réguliers et une certaine sécurité,
d’actions (5-10 %) : pour apporter du rendement supplémentaire,
d’immobilier (SCPI, OPCI, immobilier direct) (5-10 %),
parfois de liquidités pour répondre aux rachats.
Fonctionnement concret
L’assureur collecte les primes des assurés et les place dans ce portefeuille.
Chaque année, les produits financiers (intérêts obligataires, loyers, dividendes, plus-values) alimentent le rendement global du fonds.
L’assureur constitue des provisions pour participation aux bénéfices (PPB) :
Une partie des gains (au moins 85 % des produits financiers et 90 % des bénéfices techniques) doit être reversée aux assurés.
Mais l’assureur peut en mettre de côté dans la PPB (stockée jusqu’à 8 ans) pour lisser les rendements dans le temps.
Le rendement servi aux assurés est donc net des frais de gestion (0,5 à 1 %/an) et dépend de la politique de distribution de l’assureur.
Garanties
L’assureur garantit à tout moment le capital net investi (hors frais).
L’effet cliquet fait que les intérêts versés chaque année s’ajoutent définitivement au capital garanti → tu ne peux jamais revenir en arrière.
Contraintes
Le rendement dépend fortement des taux obligataires : quand les taux sont bas, les obligations anciennes à faible coupon pèsent sur la performance.
Les assureurs ont donc introduit des règles d’accès (plafonds, obligation d’investir une part en unités de compte).
En sortie, le fonds est liquide mais les rachats suivent la fiscalité de l’assurance-vie (et parfois un délai de traitement de quelques jours).
Qu’est-ce qu’une unité de compte ?
Une unité de compte est un support d’investissement adossé à un actif financier ou immobilier (OPCVM, ETF, actions, SCPI, OPCI, etc.).
La valeur des UC dépend directement de la valeur liquidative (VL) de ces supports.
Contrairement au fonds euros :
Il n’y a pas de garantie en capital : le souscripteur supporte le risque de marché et peut supporter une perte totale de son investissement.
Le potentiel de rendement beaucoup plus élevé.
Fonctionnement concret
L’assuré choisit des UC pour allouer son épargne en fonction de ceux qui sont distribués par l’assureur. Les assureurs ne proposent pas tous les mêmes supports.
Les primes sont converties en nombre de parts de ces fonds, au prix de la valeur liquidative (VL).
La valeur de l’épargne évolue au gré des marchés (si la VL monte ou baisse).
En cas de rachat ou d’arbitrage, les parts sont revendues à la VL du jour.
Contraintes & risques
Risque de volatilité : la valeur peut fluctuer fortement.
Risque de liquidité : certains supports (immobilier, private equity) sont peu liquides.
Obligation parfois imposée par l’assureur : ex. investir 20-30 % minimum en UC pour accéder au fonds euros.
L’assurance vie est d’ailleurs le support d’investissement préféré des Français. Le montant des versements annuels et l’encours global très élevé témoignent clairement de son usage massif et de sa popularité auprès d’un large nombre de foyers.
En janvier 2025, l’assurance vie représente un encours total de 2 020 milliards d’euros, réunissant plus de 19 millions de souscripteurs pour plus de 56 millions de contrats.
Les principaux avantages sont les suivants :
• Fiscalité attractive : Après 8 ans de détention, chaque personne bénéficie d’un abattement annuel sur les gains retirés (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple), avec une fiscalité toujours favorable sur les plus-values. De plus, les contrats permettent une transmission patrimoniale à moindre coût fiscal, grâce notamment à un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements réalisés avant 70 ans.
• Souplesse : Les versements et les retraits sont libres, la gestion du contrat s’adapte au profil de l’épargnant, et il est possible de désigner librement ses bénéficiaires. L’assurance vie convient ainsi à des besoins divers, que ce soit pour constituer un capital, préparer la retraite ou soutenir des projets personnels.
• Sécurité : Les fonds en euros garantissent le capital tout en offrant une certaine stabilité face à l’inflation. Par ailleurs, il est possible de diversifier ses investissements vers des unités de compte, qui offrent un potentiel de rendement plus élevé.
Ainsi, détenir une assurance vie permet de se constituer une épargne de précaution en cas de coup dur, tout en préparant la transmission dans les meilleures conditions, avec un rendement généralement supérieur à celui d’un compte courant.
Cependant, si l’on observe l’évolution des rendements de l’assurance vie sur les 30 dernières années, on constate une baisse marquée :
Cette forte baisse des rendements s’explique principalement par plusieurs facteurs :
1. La baisse des taux directeurs et les politiques monétaires accommodantes tel que le quantitative easing. Les contrats d’assurance vie sont majoritairement investis en obligations d’État et d’entreprises, dont les rendements sont fortement corrélés aux taux directeurs des banques centrales.
2. Les contraintes réglementaires et la gestion prudente : les assureurs doivent garantir la sécurité du capital investi, ce qui limite leur prise de risque et, par conséquent, les possibilités de rendements élevés à long terme.
3. Le contexte économique et financier incertain : les crises, la volatilité des marchés et les fluctuations de l’inflation ont également pesé sur les performances globales, notamment des unités de compte plus risquées.
Face à cela, pourquoi la collecte continue-t-elle de progresser au fil du temps ?
Plusieurs hypothèses peuvent l’expliquer :
1. La souscription à une première assurance vie se fait généralement entre 30 et 40 ans, ce qui explique que les versements s’accumulent régulièrement au fil du temps, d’autant que la capacité d’épargne augmente avec l’âge.
2. L’assurance vie est le support d’investissement le plus connu des Français, bien avant d’autres produits d’épargne comme le PER, le PEL ou le PEA.
3. Ce produit est fortement recommandé par les conseillers bancaires et les gestionnaires de patrimoine, car les Français, plutôt averse au risque, cherchent avant tout à optimiser la fiscalité en cas de succession tout en bénéficiant d’un capital garanti. Le compromis entre sécurité et fiscalité reste un argument clé.
4. Enfin, l’assurance vie est largement distribuée par les banques et compagnies d’assurance grâce à une offre bien structurée et variée. Elle s’inscrit dans une logique de fidélisation client, avec une durée de détention souvent longue et la possibilité de transmettre le contrat lors du décès tout en bénéficiant d’une fiscalité avantageuse.
Quel coût pour tout ça ?
Il existe trois types de frais :
1/ Les frais liés à l’assureur
Frais d’entrée (entre 0% et 5%) calculé sur le montant mis sur l’assurance vie et sur chaque nouveau versement
Frais d’arbitrage en cas de changement de suppport
Frais de gestion annuel (0,3% à 0,5%) sur le montant des encours
2/ Les frais liés aux gestionnaires d’actifs pour les UC
Frais d’entrée (entre 0% et 5%) calculé sur le montant géré par le gestionnaire d’actif
Frais de gestion annuel (entre 1% et 2%) qui sont prélevés sur le montant géré et viennent diminuer la valeur liquidative
Frais de sur performance (15-20%) calculé sur la sur performance du fonds s’il bat par exemple son indice de référence
3/ Les frais du conseiller en gestion de patrimoine (CGP), si vous choisissez de vous faire accompagner
Frais d’entrée sur les fonds confié au CGP (entre 0 et 5%)
Frais de gestion annuel (entre 0,5% et 2%)
Il existe plein de schémas différents car parfois, en passant par un CGP, on peut bénéficier de remise sur les frais d’entrée ou bien les frais de gestion annuel car nous verrons ensuite qu’il existe un important moyen de se rémunérer qui correspondent à des rétro-commissions !
Enfin le CGP va pouvoir bénéficier de rétro-commissions de la part des assureurs s’ils placent l’argent de leurs clients chez eux. Il en est de même pour les gestionnaires d’actifs avec les assureurs.
Quelques exemples de décomposition des frais :
Exemple avec les fonds euros : un fonds euros rapporte 3,5 % brut sur les marchés.
L’assureur garde 0,8 % (marge + frais de gestion).
Rendement net servi au client : 2,7 %.
Sur les 0,8 % gardés par l’assureur, il peut en reverser une partie au CGP sous forme de commission récurrente (ex. 0,3 à 0,4 %).
=> Sur le rendement généré par le fonds euros, l’assureur est tenu de reverser légalement aux détenteurs minimum 85% du rendement. C’est à dire que l’assureur bénéficie d’une marge de 15% sur des fonds qui ne lui appartiennent pas)
Exemple avec les UC : Si un gestionnaire d’actif délivre par exemple un rendement de 9% et superforme son indice de référence de +4% (c’est à dire que l’indice fait 5%)
Frais de gestion annuel du fonds UC = 1,5 %/an (fixés par le gérant d’actifs).
Sur ces 1,5 % :
0,7 % restent au gérant d’actifs pour la gestion,
0,8 % sont rétrocédés à l’assureur.
Sur les 0,8 %, l’assureur en garde par ex. 0,4 % et reverse 0,4 % au CGP/distributeur.
Frais de superformance : 15% des 4% vont revenir au fond de gestion, soit un rendement net de non pas 9% mais de 9% - 15% x 4% soit 8,4 %
À voir si les frais de superformance sont calculés sur le rendement net des frais de gestion annuels ou brut.
Nous arrivons donc à des frais qui grignotent fortement le rendement de l’investissement.
L’assurance vie est-il le meilleur support d’investissement pour faire fructifier le patrimoine et le transmettre ?
Si nous regardons en premier lieu l’aspect fiscal, l’assurance vie bénéficie d’un important avantage fiscal vs les autres types d’investissement classique en cas de succession. En effet, il existe deux situations en cas de transmission :
Primes versées avant l'âge de 70 ans
Les sommes versées aux bénéficiaires désignés dans le contrat sont exonérées de droits de succession jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire. En revanche, les sommes excédant 152 500 € sont soumises à une taxation forfaitaire de 20 % jusqu'à 700 000 € et de 31,25 % au-delà. Enfin, les prélèvements sociaux (17,2 %) ne sont pas appliqués aux capitaux décès versés aux bénéficiaires, contrairement aux rachats en cours de vie.
Primes versées après l'âge de 70 ans
Les primes versées après 70 ans bénéficient d'une exonération globale de 30 500 €, tous contrats et tous bénéficiaires confondus. Si les primes excèdent 30 5000 €, elles sont soumises aux droits de succession selon le barème applicable en fonction du lien de parenté entre l'assuré et les bénéficiaires. Cependant, seuls les montants des primes sont concernés, les gains générés par le contrat étant exonérés de droits de succession.
Dans le cas d’avant 70 ans, il y a un réel avantage fiscal à détenir une assurance vie car elle sort de l’assiette pour le calcul des frais de succession et bénéficie d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire.
Dans le cas d’un rachat total de l’assurance vie (clôture du compte), il existe plusieurs situations :
Toutefois, bien qu’il y ait un vrai avantage fiscal à détenir une assurance vie, les rendements sont très faibles, une fois les frais déduits. Le maximum est d’environ 3% par an et c’est encore très optimiste !
Faisons un comparatif entre une assurance vie et un PEA avec les hypothèses suivantes :
Mise initiale : 100 000 €
Durée de détention : 30 ans
Transmission lors d’une succession
Rendement moyen annuel net de frais de l’assurance vie : 3%
Rendement moyen annuel net de frais du PEA : 7% (dividendes réinvestis). Le CAC 40 sur 30 ans a un rendement moyen annuel dividendes réinvestis d’environ 10%
Considérons un patrimoine autre de la personne de 500 000 €
Considérons qu’il y a 2 enfants bénéficiaires de la succession
Ci-dessous l’évolution de la valorisation du patrimoine investi en assurance vie vs PEA sur 30 ans :
Au bout des 30 ans, l’investissement initial vaut désormais :
Assurance vie : 236 k€
PEA : 711 k€
Désormais calculons, le montant net de l’ensemble des frais en cas de succession :
1/ Assurance vie : 236 k€ transmis si nous considérons 2 bénéficiaires. Si un seul bénéficiaire alors 16 700 € de frais de succession seront appliqués au 236 k€
Concernant le reste du patrimoine (500 k€), nous avons un abattement fiscal par enfant de 100 k€ soit une base taxable de 300 k€. Le montant des frais de succession s’élève à 58 600 € (calcul disponible ici)
Total montant transmis net des frais de succession : 236 + 500 - 58,6 = 677,4 k€
2/ PEA : Sur les 711 k€, au moment de la succession, il y a la clôture du PEA et paiement de la CSG qui sera dûe sur la base de la plus value générée soit 611 k€. Le montant de la CSG est de 17,2% x 611 k€ soit 606 k€.
Après abattement fiscal de 100 k€ par enfant, nous arrivons à un total de l’assiette fiscale taxable de 500 + 606 - 200 = 906 k€. Le montant des frais de succession s’élève à 177 600 € (calcul disponible ici)
Total montant transmis net des frais de succession : 500 + 606 - 177,6 = 928,4 k€
Très vite, nous comprenons vite que l’optimisation de la fiscalité n’est pas le meilleur argument pour optimiser le rendement. Il vaut mieux parfois payer plus de frais de succession sous condition d’un meilleur rendement de son investissement. À prendre également en compte que chaque année, le détenteur de l’assurance vie paie environ 1-2% de frais de gestion par an contrairement au PEA.
Évidemment, le niveau de risque n’est pas forcément le même entre l’assurance vie et le PEA mais nous verrons dans la lettre du prochain mois que certains gestionnaires d’actifs délivrent un rendement faible mais avec un niveau de risque important.
Qu’est-ce que l’assurance vie luxembourgeoise ?
L’assurance-vie luxembourgeoise offre les mêmes avantages que l’assurance-vie française, mais avec des atouts supplémentaires : une sécurité renforcée grâce au “triangle de sécurité”, une large liberté d’investissement (fonds internationaux, private equity, devises au choix) et une neutralité fiscale qui s’adapte en cas de changement de pays de résidence.
👉 Un outil haut de gamme, généralement réservé aux patrimoines à partir de 250 000 €.
Pour en savoir plus :
https://www.persee.fr/doc/ecofi_0987-3368_1989_num_11_3_1665
Document intéressant à regarder :
La mort de Pablo Escobar, Fernando Botero, 1999
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