Mars 2026 : Le Chaos dans le portefeuille 10 k€ ☠️
Apprenez à investir intelligemment en bourse : des conseils pratiques, des stratégies claires et un accompagnement pour se constituer un patrimoine tout en apprenant.
Temps de lecture estimé : 8 minutes
1/ Suivi du portefeuille
Ci-dessous la mise à jour du portefeuille 10 k€ avec le détail pour chaque valeur :
L’année 2026 ne commence pas de la meilleure des manières avec une performance négative de -17 % depuis le début de l’année et - 9% depuis la création du portefeuille.
Il est possible de suivre le portefeuille en direct via ce lien. Dans un 2ème onglet, vous avez l’évolution du portefeuille dans le temps.
Quelques commentaires concernant la forte baisse du portefeuille :
1/ IT LINK
La société a publié son chiffre d’affaires pour l’année 2025 qui était en ligne avec les objectifs donnés par le management il y a 6 mois. Cela n’a pas empêché le cours de décroché de 30% (mdr). À retenir :
Performance Financière & Activité
Chiffre d’affaires stable : Le CA annuel s’établit à 82,6 millions d’euros, soit une variation quasi nulle de -0,1% par rapport à 2024.
Croissance organique positive : À taux de change constant, la croissance du Groupe ressort à +0,6%. Retraitée de l’effet calendaire (un jour de production en moins), elle grimperait même à +1%.
Dynamique contrastée :
International : Une forte progression de +7,8% (à taux de change constant), portée notamment par le Bénélux et le Maroc.
Activités “Solutions” : Véritable moteur de croissance avec une hausse de +25,2% sur l’année.
France : Une légère baisse de -0,8% sur l’ensemble de l’exercice.
Bilan du plan “Connext’ 25”
L’année 2025 marque la clôture du plan stratégique lancé en 2021, avec des résultats probants sur 5 ans:
Expansion majeure : Le chiffre d’affaires a bondi de +68% depuis 2021 (passant de 49,1 M€ à 82,6 M€).
Renforcement humain : L’effectif salarié est passé de 645 à 880 collaborateurs.
Expertise multisectorielle : Le Groupe s’appuie désormais sur 4 marques (IT Link, NRX, RADèS et Ciao Technologies) et a renforcé ses positions chez des clients stratégiques comme Stellantis, Alstom ou le Crédit Agricole.
Perspectives
Le Groupe donne rendez-vous aux investisseurs le 26 mars 2026 pour la présentation des résultats annuels détaillés et, surtout, le dévoilement de son nouveau plan stratégique.
2/ PIERRE ET VACANCES
L’assemblée générale (replay disponible ici) a permis de confirmer la volonté des actionnaires et du management de céder le contrôle. Il reste désormais à connaître le timing et le prix d’une éventuelle offre.
Les chiffres de cette année seront très bons donc aucune inquiétude et j’attends sagement qu’une OPA soit annoncée !
3/ PULL UP
Rien à signaler pour la société si ce n’est la sortie cette semaine de Toxic Commando qui semble rassembler des bonnes reviews de la part des influenceurs gaming.
Les chiffres de cette année seront excellents pour la société donc je garde précieusement mes titres et j’attends du cash pour réinvestir.
=> Conclusion : malgré la forte baisse du portefeuille, je ne crois pas à la baisse de la valeur intrinsèque des sociétés que je détiens donc PATIENCE !
2/ La tyranie du TRI
Depuis de nombreux mois, le nombre de publicités proposant l’accès au Private Equity explose. Ouvrez votre boîte mail, parcourez LinkedIn ou consultez votre conseiller en gestion de patrimoine (CGP) : le message est partout. On vous vante “l’accès exclusif” aux entreprises de demain, on vous propose de “décorréler votre portefeuille” et on vous promet des rendements à deux chiffres que la Bourse ne pourrait plus offrir. Les publicités pour des plateformes comme Fundora, Moonfare ou des unités de compte en Private Equity dans votre assurance-vie se multiplient.
Source : Boursobank
Source : Finary
Le “Non-Coté” n’est plus un club privé pour milliardaires, c’est devenu le nouveau produit de masse. Mais avant de signer, il y a un terme technique que vous devez absolument maîtriser, car c’est lui qui sert de socle à tout cet argumentaire commercial : le TRI.
Aujourd’hui, nous déconstruisons la mécanique des rendements, les illusions du secteur et l’ombre grandissante de la dette privée.
1. La définition : Qu’est-ce que le TRI, réellement ?
Le TRI (Taux de Rentabilité Interne) est le taux d’actualisation qui rend la Valeur Actuelle Nette (VAN) d’une série de flux de trésorerie (investissements et récupérations) égale à zéro. Mathématiquement, il se définit par l’équation suivante :
Où CF représente le flux de trésorerie à l’instant t. Contrairement au rendement simple, le TRI intègre la dimension temporelle : plus l’argent vous revient vite, plus le TRI est élevé, même si la somme totale n’augmente pas.
Pourquoi les fonds en ont-ils fait leur religion ?
Pour une société de gestion (GP), le TRI est l’indicateur parfait pour comparer des projets de durées différentes. C’est aussi un outil de communication redoutable : il permet d’afficher des chiffres spectaculaires (ex: “30 % de rendement !”) qui masquent souvent le fait que l’argent n’est resté investi que très peu de temps. Enfin, le TRI est la base contractuelle du calcul du carried interest (le bonus des gérants). Atteindre un TRI élevé est donc la clé de voûte de leur rémunération.
2. Comprendre la machine : Le Business Model des “GPs”
Le Private Equity (PE) repose sur une structure de “Limited Partnership”. D’un côté, les LPs (Limited Partners), comme les fonds de pension ou désormais vous, qui apportent le capital. De l’autre, le GP (General Partner), la société de gestion — des géants comme KKR, Blackstone, ou CVC Capital Partners — qui prend les décisions.
Le modèle économique du GP est basé sur la règle du “2 et 20”. Mais attention, les 2 % de frais de gestion sont souvent calculés sur le capital engagé. Si vous promettez 100 000 €, vous payez des frais sur cette somme totale dès le premier jour, même si le fonds n’a appelé que 10 % de votre capital. C’est un “frottement” financier majeur que le TRI parvient souvent à occulter.
Cette activité de gestion peut être très rémunératrice. Plus vous gérez, plus votre société de gestion est rentable. Nous pouvons le voir par exemple avec les finances d’Entrepreneur Invest.
Source : Pappers
Les niveaux de marge sont supérieurs à ceux du luxe !! Vous comprenez donc qu’une société de gestion doit être le plus attractive possible sur le rendement pour attirer un maximum d’investisseurs !
3. La machine est-elle cassée ?
Pendant des décennies, le PE a profité de taux d’intérêt bas. Mais comme le souligne l’article “The PE Machine is Broken” d’Institutional Investor, ce cycle est terminé. Le modèle classique “acheter, endetter, revendre” est grippé. Les sorties (exits) sont au point mort. Pour maintenir l’illusion d’une performance continue, les fonds multiplient les “fonds de continuation” (se vendre à soi-même). C’est une stratégie de survie qui retarde la confrontation avec la réalité du marché.
L'ouverture du secteur aux particuliers via des plateformes comme Fundora arrive à un moment où les institutionnels saturent. Comme l'explique Arnaud Dambricourt, votre épargne sert de "liquidité de secours". L'enquête des Échos confirme le massacre mathématique : entre les frais du fonds (2 %), les frais de la plateforme (1-2 %) et les frais d'enveloppe fiscale (1 %), vous partez avec un boulet de 4 % à 5 % de frais annuels. Pour battre un simple ETF Monde (0,2 % de frais), votre fonds de PE doit délivrer une performance brute quasi-miraculeuse de 15 % par an, chaque année, pendant dix ans.
Le CFA Institute rappelle le biais majeur du TRI : il suppose que chaque euro distribué est réinvesti au même taux que le TRI initial. Si un fonds de BlackRock affiche un TRI de 25 %, il part du principe que vous pouvez placer vos gains à 25 % immédiatement. En réalité, ce cash finit souvent sur un compte à 3 %. Cet écart crée une distorsion massive de la richesse accumulée.
Comment faire néanmoins pour améliorer artificiellement le TRI ?
Comme le TRI est la base du calcul du carried interest (le bonus des gérants), ces derniers ont développé une ingénierie sophistiquée pour le “maquiller” :
Les “Subscription Lines of Credit” (SLC) : C’est le dopage le plus courant. Au lieu d’appeler votre capital au jour 1 pour acheter une entreprise, le fonds emprunte à une banque (en utilisant vos engagements comme garantie). Il n’appelle votre argent que 12 ou 18 mois plus tard. Le chronomètre du TRI ne démarre qu’au moment de l’appel de fonds. Résultat : la durée de détention officielle est réduite, le TRI grimpe de 3 % à 5 % mécaniquement, mais le montant final de votre chèque ne change pas d’un centime.
Le “Dividend Recapitalization” : Imaginez que le fonds achète une entreprise. Deux ans plus tard, il lui fait souscrire un nouvel emprunt massif pour se verser un dividende exceptionnel. Cet argent vous est rendu très tôt. Comme le TRI adore la vitesse, ce retour précoce de cash fait bondir le taux de rendement, même si l’entreprise rachetée est désormais exsangue et lourdement endettée.
Le “Cherry Picking” des évaluations : Dans le non-coté, la valeur des actifs est estimée par le gérant lui-même. En retardant la dépréciation d’une ligne en difficulté ou en accélérant la revalorisation d’une “pépite” juste avant une nouvelle levée de fonds, le gérant maintient un TRI de papier flatteur.
4. La Dette Privée et le Shadow Banking
La dette privée est devenue le nouveau terrain de jeu favori. Des acteurs comme Tikehau, Ares ou Apollo prêtent directement aux entreprises que les banques jugent trop risquées.
C’est ici qu’intervient l’Assurance-vie Luxembourgeoise. Pour les gros tickets, elle est l’outil privilégié car elle permet d’intégrer des Fonds Internes Dédiés (FID) contenant de la dette privée non cotée, avec une neutralité fiscale totale. Mais à quoi sert réellement cette dette ? Souvent, elle sert à financer les LBO (rachats par la dette) d’autres fonds de Private Equity. On se retrouve dans un système circulaire où le fonds de PE achète une boîte grâce à la dette fournie par un fonds de dette privée... parfois géré par la même maison.
Le danger ? Les taux sont variables. Avec la hausse des taux, le coût de cette dette explose. Pour éviter le défaut, on utilise des PIK (Payment-in-Kind) : l’entreprise ne paie plus ses intérêts en cash, elle les rajoute au capital dû. C’est une bombe à retardement. Comme le souligne le Financial Times, si l’entreprise ne peut plus payer, le fonds de dette privée devient l’actionnaire d’une société en faillite. Pour l’épargnant caché derrière son contrat luxembourgeois, la liquidité disparaît instantanément.
5. Le risque de liquidité : Le piège de la porte étroite
Enfin, comme le rappellent Les Échos, la liquidité promise au grand public est souvent illusoire. En cas de crise, les fonds peuvent activer des “gates” (barrières) et bloquer votre argent. Contrairement aux actions cotées, les actifs réels ne se vendent pas en 24 heures. En période de stress, la liquidité est une promesse que le marché ne peut pas toujours tenir.
La tyrannie du TRI n’est pas qu’un débat d’experts ; c’est un voile pudique jeté sur la réalité de la création de valeur. Pour l’investisseur particulier, la fascination pour ce taux de rendement interne est un piège cognitif. Le marketing financier a réussi à nous faire croire que la “vitesse” de l’argent valait mieux que sa “croissance”.
En tant qu’investisseur long terme, votre unique boussole devrait être le MOIC (Multiple on Invested Capital) net de tous frais. Si vous investissez 100, combien de cash réel aurez-vous sur votre compte dans 10 ans ? Un TRI de 25 % qui ne dure que deux ans vous laisse avec un problème de réinvestissement immédiat dans un marché de plus en plus cher. Un TRI de 12 % qui dure dix ans, sans artifices de lignes de crédit ou de dividend recaps, construit une véritable fortune.
N’oubliez jamais que le Private Equity est une classe d’actifs par nature asymétrique. Les meilleures opportunités ne font pas l’objet de campagnes publicitaires sur Facebook. Si l’on déploie autant d’efforts pour vous convaincre d’entrer dans ces fonds aujourd’hui, c’est peut-être parce que les “mains fortes” du marché — celles qui ont profité des dix années d’argent gratuit — sont en train de chercher une sortie de secours. Le modèle est-il cassé ? Peut-être pas. Mais il est en pleine mutation, et dans cette mutation, les frais et les risques de défaut de la dette privée sont transférés des bilans bancaires vers votre épargne personnelle.
Soyez l’investisseur qui pose les questions qui fâchent. Demandez le multiple net. Traquez les SLC. Surveillez les PIK. La transparence est votre seule protection contre la tyrannie.
Jacques Tati, Playtime, 1967
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D'où mon attachement à l'IDI. Le TRI est souvent entre 15 et 20 et le track record parle en faveur de la boite qui date des années 80 ! Bref le private equity oui mais coté ! ^^