Octobre 2025 : Le risque de confier son argent - Partie 2
Apprenez à investir intelligemment en bourse : des conseils pratiques, des stratégies claires et un accompagnement pour se constituer un patrimoine tout en apprenant.
Temps de lecture estimé : 10 min
1/ Suivi du portefeuille
Ci-dessous la mise à jour du portefeuille 10 k€ avec le détail pour chaque valeur :
Il est en progression à + 16,75% depuis le début de l’année. Forte baisse de la valeur du portefeuille avec - 5% vs fin septembre mais rien d’alarmant dans les valeurs investies.
Il est possible de suivre le portefeuille en direct via ce lien. Dans un 2ème onglet, vous avez l’évolution du portefeuille dans le temps.
Opérations sur le portefeuille :
Le portefeuille enregistre sa plus forte baisse depuis sa création.
À l’exception du profit warning publié par Rémy Cointreau, aucune des sociétés en portefeuille n’a connu de dégradation fondamentale, ce qui me conforte dans les choix réalisés et dans la solidité des positions à moyen terme.
Concernant les achats/ventes :
1/ Cession d’ABC Arbitrage
Comme évoqué dans les précédentes newsletters, le potentiel de revalorisation d’ABC ARBITRAGE me semblait désormais limité.
J’ai donc décidé de solder la position afin de réallouer le capital vers des dossiers offrant un upside plus important.
2/ Renforcement de certaines positions
Les liquidités issues de la vente des titres TARKETT ont permis de renforcer les lignes PULL UP, IT LINK et KEYRUS, des valeurs jugées sous-valorisées et disposant de catalyseurs à court terme ou moyen terme.
3/ Achat de nouveaux titres
PLUXEE
J’ai initié une ligne sur Pluxee, le spin-off de Sodexo, dont le cours a récemment corrigé dans un contexte d’incertitudes réglementaires. Cette baisse me semble offrir un point d’entrée attractif sur une société à la croissance solide, aux marges en expansion et dont la valorisation reste sous-estimée.
Issue de la scission de Sodexo en février 2024, Pluxee (PLX) s’est rapidement imposée comme un acteur mondial de référence dans les solutions d’avantages et d’engagement salariés (titres-restaurant, cartes cadeaux, mobilité, formation, bien-être). Son modèle B2B2C digitalisé repose sur trois sources de revenus : les frais facturés aux entreprises, les commissions prélevées auprès des marchands et les intérêts issus du “float”, c’est-à-dire des fonds prépayés avant leur utilisation.
Pluxee dessert 500 000 clients, 37 millions de bénéficiaires et 1,7 million de marchands dans le monde, avec une forte présence en France et en Amérique latine. Elle opère sur un marché en croissance structurelle de 7 à 9 % par an, soutenu par la digitalisation et les besoins croissants de fidélisation des talents.
Introduite à 29 €, l’action a connu une trajectoire boursière chahutée : un plus haut à 23,75 € en février 2025, un creux à 14,37 € en octobre, avant de se stabiliser autour de 17,15 € fin octobre, soit une décote de près de 42 % sur un an. Pourtant, les fondamentaux demeurent solides : +18,6 % de croissance organique en 2024 (CA : 1,2 Md€), +10,6 % en 2025 (CA : 1,29 Md€) et un EBITDA récurrent de 471 M€, avec une marge en hausse à 36,6 % (+230 bps). Cette performance s’explique par la montée en puissance du digital, les acquisitions ciblées (Espagne, Brésil) et la meilleure monétisation du float, malgré les coûts de structure liés à l’indépendance post-spin-off.
Le “float” représente la trésorerie temporaire détenue entre le moment où une entreprise crédite ses salariés et celui où ces fonds sont dépensés chez les marchands. Bien que ces montants n’appartiennent pas à Pluxee, leur placement à court terme génère des revenus d’intérêts de 3 à 4 %. Le float n’est donc pas du cash disponible mais constitue un levier significatif de rentabilité, contribuant à hauteur de 42 % du ROC en 2025. Le rendement moyen du float s’est établi à 6,0 % en 2025, contre 5,7 % en 2024.
Sur le plan financier, Pluxee combine croissance à deux chiffres, forte rétention client (>90 %) et génération de cash exemplaire : free cash flow récurrent de 417 M€, taux de conversion supérieur à 90 %, et dette maîtrisée à 1,3 Md€ (soit 2,5x l’EBITDA), avec des maturités longues (2028–2032). La société disposait au 31 août 2025 d’une trésorerie nette de 1,16 Md€ et a annoncé un dividende de 0,38 € par action, en hausse de 9 % sur un an.
La valorisation reste, selon moi, largement en deçà de son potentiel. En appliquant un multiple de 8x l’EBITDA (contre 10–12x pour Edenred), Pluxee vaudrait 3,7 Md€, soit une valeur théorique par action autour de 33 €, contre 17 € actuellement. Une approche DCF confirme une valeur intrinsèque proche de 35 €, soit un potentiel de hausse compris entre +50 % et +100 % à moyen terme. En intégrant un scénario plus prudent, avec un rendement du float normalisé à 6 %, un objectif de cours à 25 € me paraît raisonnable.
Les principaux risques concernent l’évolution de la réglementation sur les commissions (notamment en Italie et en France) et la sensibilité de la rentabilité à une baisse des taux directeurs, qui pourrait réduire le rendement du float. Ces facteurs méritent un suivi attentif, mais n’entament pas la solidité du modèle économique.
Face à Edenred, Pluxee reste plus petite (CA 1,29 Md€ vs 2,9 Md€) et légèrement moins rentable (marge EBITDA 36,6 % vs 44 %), mais affiche une croissance organique plus forte (+10–11 % vs +7–8 %). Un rattrapage progressif vers les multiples d’Edenred impliquerait un cours cible de 24–25 € à court terme, et potentiellement 33 € et plus à horizon 2–3 ans.
En résumé, Pluxee combine croissance, marges en expansion et forte génération de cash, dans un modèle encore sous-évalué par le marché. Je privilégie un scénario de revalorisation progressive vers les standards d’Edenred, soutenu par la hausse des marges et la solidité de ses fondamentaux.
PIERRE & VACANCES
Dans le cadre de ma stratégie value, j’ai également initié une position sur Pierre & Vacances-Center Parcs (VAC.PA) à un cours d’environ 1,67 €.
Leader européen du tourisme de proximité, le groupe exploite plus de 49 000 unités d’hébergement sous des marques emblématiques telles que Center Parcs, Pierre & Vacances et Adagio, avec une activité centrée sur les séjours familiaux et expérientiels en Europe du Nord et en France. Il bénéficie d’un taux d’occupation élevé (>80 % en haute saison) et d’une demande structurelle croissante pour un tourisme local et durable.
Depuis sa restructuration de 2022, le groupe a profondément assaini sa situation financière, transformant une dette nette écrasante en une trésorerie positive de 33 M€, et vise un EBITDA ajusté supérieur à 180 M€ pour l’exercice 2025 — un objectif que j’estime conservateur et atteignable autour de 190 M€ grâce au plan “ReInvention”, axé sur un modèle asset-light et une croissance rentable.
Les principaux actionnaires, anciens créanciers tels qu’Alcentra, Fidera et Atream, n’ont pas vocation à rester au capital à long terme, ce qui accroît la probabilité d’une cession partielle ou totale à moyen terme. Cette hypothèse est d’autant plus crédible que le conseil d’administration a mandaté Morgan Stanley et BNP Paribas en juin 2025 pour conduire une revue stratégique des options du groupe.
En appliquant un multiple prudent de 6x l’EBITDA, j’estime la juste valeur de l’action à 2,42 €, soit une prime potentielle de 46 % sur le cours actuel. Le profil risque/rendement reste attractif, malgré quelques incertitudes — notamment le nombre limité d’acquéreurs potentiels (Fosun, Eurazeo, Apollo) ou une éventuelle vente par appartements mêlant actifs touristiques et immobiliers.
Cette position illustre pleinement ma philosophie d’investissement : identifier des actifs sous-valorisés, porteurs de catalyseurs tangibles et d’un potentiel de revalorisation asymétrique, dans des secteurs à forte visibilité comme le tourisme de proximité.
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2/ Les risques de confier son argent
Dans la dernière newsletter, nous avions évoqué ce qui se produit le plus souvent lorsque vous confiez votre argent à des intermédiaires « moyens », c’est-à-dire la norme. Ils vous promettent la lune, mais les frais d’intermédiation grignotent la moitié du trajet.
Au final, votre rendement net ressemble à un café tiède oublié sur le bureau : décevant, mais pas dramatique non plus.
Hormis le coût d’opportunité et le fait d’avoir involontairement financé les vacances à Ibiza du CGP et du gérant d’actifs (partis peut-être ensemble), rien de tragique : c’est un simple désagrément mondain.
Mais voyons maintenant ce qui se passe quand l’histoire tourne au cauchemar.
Vous en avez assez de voir vos livrets d’épargne rapporter moins de 2 % par an, sans même parler de l’inflation. Vous n’avez pas non plus le réseau d’Anthony Bourbon pour investir dans les « plus belles start-up » (selon ses dires), à part peut-être celle de votre cousin — que, soyons honnêtes, vous n’avez jamais estimé.
Rentré du bureau, épuisé après un refus d’augmentation, vous rêvez de devenir rentier ou de générer un revenu complémentaire pour, enfin, être « libre et indépendant » — comme le martèlent les pubs YouTube entre deux vidéos de cuisine.
Affalé sur le canapé, vous scrollez machinalement. Même en regardant des vidéos de des nageurs de l’équipe de France, ils vous conseillent eux aussi d’investir.
Source : Instagram, compte personnel
Convaincu, vous décidez de passer à l’action. Rendez-vous pris avec un conseiller de plateforme d’investissement ou, plus chic, avec un CGP – conseiller en gestion de patrimoine.
Vous poussez la porte d’un bureau cossu dans le plus beau quartier de votre ville : moquette épaisse, boiseries cirées, tableau abstrait au mur, café servi dans une tasse en porcelaine. Le conseiller, costume sur mesure et cravate Hermès, vous accueille avec un sourire calibré. Après un rapide audit de votre situation, il fait glisser sur son bureau design une plaquette avec un papier épais :
« Nous avons sélectionné pour vous un produit exclusif, réservé à une clientèle avertie. Rendement cible 8 %, risque maîtrisé, diversification géographique. »
Le dossier est épais, les graphiques colorés, les logos AMF et PSFP rassurants. Tout cela semble complexe, mais vous vous sentez entre de bonnes mains. Vous signez.
Ce que vous ignorez ?
Ce CGP touche chaque année entre 2 et 4 % de rétro-commission sur les encours qu’il vous place. Pas sur vos gains — sur votre capital. Tant que vous restez investi, il encaisse.
Son intérêt ? Que vous ne bougiez pas.
Son discours ? Forcément élogieux. Il ne vous dira jamais :
« Écoutez, 40 % des projets de cette plateforme ont déjà 18 mois de retard et le promoteur principal est en procédure amiable. »
Non pas par malhonnêteté, mais parce qu’il ne le sait pas — ou qu’il estime que « la diversification protège ».
Bienvenue dans le conflit d’intérêts institutionnalisé.
Contrairement à un courtier en Bourse, rémunéré à la transaction (et donc sur votre liberté de sortie), le CGP est payé pour vous capturer.
Et non, ce n’est pas de la science-fiction. Ces situations sont courantes, et beaucoup d’épargnants s’y brûlent les ailes : capital bloqué, parfois perdu.
La superposition des intermédiaires, la complexité des produits et le manque de culture financière font que vous ne mesurez plus vraiment le risque. Vous pensiez épargner prudemment ; en réalité, vous jouez sans le savoir.
Prenons un cas d’école : H2O Asset Management.
La pépite française du hedge fund devenue filiale de Natixis, adulée avant d’exploser en plein vol. Fondée par un duo charismatique, la société gérait des milliards pour des investisseurs soi-disant sophistiqués. La promesse ? Des rendements stables de 5 à 7 % sur des dettes “sécurisées”.
La réalité ? 75 % des actifs concentrés sur une poignée de titres pourris liés à Lars Windhorst, un entrepreneur allemand coutumier des faillites (Tennor Holding, 2 milliards d’euros de dettes).
Quand la pandémie a frappé, l’AMF a suspendu les rachats en juin 2020 : 1,6 milliard d’euros gelés dans des fonds cantonnés.
Les clients ? Capital fondu, –40 à –60 % de pertes pour les plus exposés.
Pourquoi ? Une gestion des risques défaillante, une diversification illusoire, et une opacité totale. Vous croyiez investir dans un fonds diversifié ? En réalité, vous aviez misé tout votre argent sur un seul cheval boiteux.
Pour en savoir plus :
Financial Times | H2O Asset Management: illiquid love
Mais H2O, c’était le niveau « grande finance ». Descendons d’un étage, là où la promesse de proximité rassure : les plateformes de crowdfunding.
Souvenez-vous de Wiseed, la doyenne du crowdlending français. Fondée en 2008, plus de 580 millions d’euros collectés sur 1 200 projets. Sur le papier, c’était idyllique : financer des PME locales, des projets d’énergie verte, un peu d’immobilier, le tout avec des taux à 8–10 %. Le rêve du capital utile et rentable.
Et puis, octobre 2025 : le choc.
Wiseed se retrouve en redressement judiciaire accéléré devant le tribunal de commerce de Toulouse. La cause ? Un actionnaire minoritaire bloquant, ajouté à une vague de défauts : plus de 65 % des projets en retard, promoteurs en cessation de paiement.
Pour les investisseurs, c’est la douche froide : 21 salariés licenciés, procédure de prepack cession pour tenter un rachat, et les prêts ? Gelés dans un flou administratif. Si le repreneur ne suit pas, la perte totale n’est pas à exclure.
L’opacité, elle, était devenue béton armé.
Aucun ratio de risque publié en temps réel, des retards communiqués à la dernière minute par newsletter, et des garanties souvent illusoires : hypothèques sur papier, mais quasi impossibles à faire valoir en cas de faillite du porteur de projet.
Source : L’investisseur heureux
Pour en savoir plus :
💥WiSEED : le pionnier du crowdfunding en mort cérébrale
Pire encore : le cas Masteos, véritable crash de la proptech française en 2024–2025, qui a piégé des milliers d’investisseurs particuliers.
Fondée en 2019, la start-up vendait du rêve : un bien locatif clé en main, rénové, meublé, géré — avec un rendement “garanti” de 6 à 8 %.
Levées de fonds spectaculaires (50 M€ en equity, 12 M€ en dette), campagnes publicitaires omniprésentes sur LinkedIn, influenceurs en relais : tout semblait solide.
Mais derrière la vitrine, la trésorerie étouffait.
La crise du capital-risque post-Covid a tari les financements, tandis que les coûts de rénovation explosaient (+20 % sur les matériaux).
En janvier 2024, le couperet tombe : cessation de paiement, redressement judiciaire des filiales.
Les investisseurs ? Des dizaines de milliers d’euros immobilisés dans des appartements invendus ou mal gérés, loyers en retard de 6 à 12 mois.
Source : Reddit
Certains ont tout perdu : jusqu’à 100 % de leur mise, faute de garanties solides — les biens n’étaient pas toujours hypothéqués, et les fondateurs ont pris la fuite, discrètement.
Novaxia a fini par racheter les restes, mais trop tard pour beaucoup.
Les procédures s’éternisent, aucun audit indépendant des travaux, seulement des promesses verbales.
Ce n’était pas une sous-performance : c’était un mirage entrepreneurial, un récit bien marketé pour masquer une gestion calamiteuse.
Et ironie du sort, Novaxia elle-même n’est pas exempte de reproches, comme le rappellent les réquisitions de l’AMF à son encontre…
Source : site de Novaxia
Et les résultats des fonds gérés Novaxia sont loins d’être bons comme en atteste les derniers reportings disponibles :
Source : site de Novaxia
Bien évidemment tout ça avec des frais conséquents :
Source : site de Novaxia
Qui permettent à la société malgré la piètre performance de ses fonds de continuer à avoir une très bonne rentabilité pour ses actionnaires :
Source : Pappers
En revanche la situation semble s’être nettement dégradé car le fonds a décidé d’actionner une clause concernant la liquidité des investisseurs et désormais plafonne les montants de retraits et bloquant les investisseurs dans leur souhait de sortir du fonds.
Source : site de Novaxia
Pour en savoir plus :
💥 Masteos : Anatomie d’une chute
Les Échos : la start-up Masteos reprise 1 million d’euros par le groupe Novaxia
La SCI Novaxia R suspendue de commercialisation, forte amende AMF à l’encontre de Novaxia
Koregraf (ex-Inter Invest) ? Même refrain.
Depuis 2014, la plateforme a levé 300 millions d’euros sur 500 projets immobiliers.
Avril 2025 : rideau.
Près de 200 chantiers suspendus, 160 millions dus aux prêteurs particuliers.
La moitié des projets encore “sains”, paraît-il… Les autres ?
Des promoteurs en faillite, des retards chroniques, parfois plus de six mois.
La gestion des dossiers a été confiée à des tiers, mais aux frais des investisseurs eux-mêmes.
Et côté transparence, on repassera : les tableaux de bord affichaient des “avancées” fictives, sans aucun détail sur les garanties réelles.
Résultat : des familles entières ont perdu leurs économies, pendant que les avocats facturent à l’heure.
Source : Site Koregraf
Pour en savoir plus :
Crowdfunding immobilier : faillite de la plateforme Koregraf
Les investisseurs de Koregraf dénoncent son plan d’extinction
Et puis il y a The Family, autre naufrage emblématique de la “nouvelle finance”.
Fondé en 2013 par Alice Zagury, Oussama Ammar et Nicolas Colin, l’incubateur star de la French Tech promettait un accès privilégié aux plus belles start-up, de Stripe à SpaceX, avec des rendements de 12 à 15 % via des fonds de capital-risque confidentiels.
Mais en 2022, tout s’effondre : 4,5 millions d’euros détournés par Oussama Ammar pour financer, entre autres, un gîte de luxe en Normandie.
S’ensuit la liquidation judiciaire de la filiale française (août 2022).
Puis une descente aux enfers : condamnation à 7 M€ aux Caïmans (2023), radiation au Royaume-Uni (2024), et interpellation en France début 2025 pour abus de confiance et blanchiment.
Les investisseurs ?
Coincés dans des véhicules gelés, sans visibilité sur leurs placements.
Pas de reporting, des fonds disparus dans un dédale de holdings entre les Caïmans et le Royaume-Uni, et une bataille judiciaire qui pourrait durer jusqu’en 2026.
Un cas d’école d’opacité totale : promesses grandiloquentes, structures opaques, et au bout du compte… zéro transparence, zéro rendement.
Pour en savoir plus :
Blog d’information et de défense des actionnaires minoritaires
The Family face à la fronde de petits actionnaires
Oussama Ammar condamné à verser 7,5 millions d’euros
Ces histoires ne sont pas des exceptions.
Selon l’AMF et Altares, les défaillances dans le crowdfunding ont bondi de 25 % entre 2024 et 2025, portées par la crise immobilière, la fin du dispositif Pinel et des taux dépassant 4 %.
Mais le vrai poison, c’est l’asymétrie d’information.
L’intermédiaire voit tout — les risques cachés, les expositions, les retards potentiels.
Vous, rien.
Pas de FICP (Fichier des incidents de crédit) pour les plateformes, contrairement aux banques.
Et vos fonds ? Théoriquement sécurisés chez un PSP (souvent Lemonway), donc protégés des créanciers de la plateforme.
En pratique, si les projets s’effondrent, c’est votre capital qui s’envole.
Et encore, on ne parle ici que des plateformes “réglementées”.
Ajoutez à cela les arnaques, scams, et pyramides de Ponzi qui pullulent sur les réseaux — toutes promettant des rendements « garantis » — et vous obtenez un cocktail explosif.
L’intermédiation, même légale, porte en elle un risque structurel que la plupart des épargnants sous-estiment, faute de comprendre les mécanismes qu’ils financent.
Un dernier exemple, édifiant : le fonds Keys Value Added II.
D’après les dernières données disponibles (31 décembre 2024), sa valeur liquidative est tombée à zéro euro.
Perte totale : 100 % pour les investisseurs.
Source : Forum Finary
En cause : l’incapacité à revendre les actifs sous-jacents, la prolongation forcée de la durée de vie du fonds de six ans et la suspension des frais de gestion.
Aucune mise à jour publique depuis, mais selon l’AMF, le fonds reste miné par la crise immobilière et par plusieurs manquements graves relevés en 2025.
Toutes ces histoires – H2O, Wiseed, Masteos, Koregraf, The Family – justifient l’existence de 10k€.
Le but ? Vous éduquer à l’investissement, et surtout vous apprendre à investir par vous-même et enfin répondre à la question de Booba : “Qu’est ce que je vais faire de tout cet oseille ?”
Dans la prochaine newsletter :
Je vous exposerai ma philosophie d’investissement
Puis je détaillerai mon processus d’investissement pas à pas – de l’analyse à la sortie.
Enfin, je ne peux que vous recommander chaudement la newsletter de Benjamin Charles, Zerobullshit : un vrai média d’investigation qui démonte les arnaques et les conflits d’intérêts sans filtre.
Louis Le Kim, 2025
Disclaimer :
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Investir sur les marchés financiers comporte des risques, notamment celui de perdre tout ou partie de l’investissement initial. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Avant de prendre une décision d’investissement, il est recommandé de consulter un conseiller financier ou un professionnel habilité afin d’évaluer la pertinence de ces informations en fonction de votre situation personnelle, de vos objectifs financiers et de votre tolérance au risque.
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